Accompagner des personnes exilées en fin de vie

Les flux migratoires ne cessent d’augmenter depuis plusieurs années, amenant avec eux des enjeux culturel, social, politique mais également sanitaire. Les lieux d’accueil sont de plus en plus confrontés à une pluralité et une diversité de profils d’exilés. Si la question de la demande d’asile occupe parfois le devant de la scène, elle n’empêche malheureusement pas la survenue de problématiques connexes telles que les maladies graves, évolutives et terminales. Les équipes doivent ainsi faire face à l’accompagnement d’usagers présentant des pathologies préexistantes à l’exil, survenant lors de leur parcours ou encore se déclarant dans le pays d’accueil.

En effet, l’arrivée dans les structures d’hébergement du « pays d’accueil » permet d’enclencher une prise en charge médicale approfondie qui révèle parfois des diagnostics médicaux lourds. Débutent alors un accompagnement spécifique auquel les équipes, d’orientation « sociale », ne sont pas toujours préparées. Les enjeux sont multiples face à un diagnostic de pathologies dites « incurables ». Ce sont pour ces raisons que depuis les années 2000, en France, les soins palliatifs ont pris une place

considérable dans les milieux sanitaires et sociaux. De nombreux moyens ont été développés depuis plus de 20 ans pour permettre à chacun d’être respecté dans ses volontés quant à sa fin de vie. Définir et reconnaitre une situation dite « palliative » est un enjeu majeur dans le bon déroulement d’un accompagnement d’une personne gravement malade. Pouvoir aborder ces sujets sans crainte, ouvrir la parole, autoriser ces thématiques dans les accompagnements médico-sociaux est une nécessité pour favoriser la prise en charge des personnes malades. La collaboration des équipes médicales et sociales restent un pré-requis, il est indispensable de pouvoir identifier les ressources du territoire et les différents acteurs pouvant intervenir dans ce type de situation.

La question de la fin de vie est un phénomène universel qui nous confrontent aux limites de l’humanité, quelque soit notre origine culturelle et géographique. Pour autant, nous ne percevons pas tous la survenue de la maladie et la mort de la même manière selon nos croyances culturelles, religieuses et spirituelles. Il s’agira ainsi de pouvoir discerner la manière dont l’usager a compris son diagnostic médical, ses enjeux et son incurabilité selon sa propre subjectivité. Quelles vont être les dynamiques psychiques à l’oeuvre ? Quels seront les impacts psychiques de cet accompagnement du côté de l’usager, de sa famille mais également des professionnels ? Comment penser la mort dans des structures d’hébergement collectives ? Existent-il des limites dans l’accompagnement d’un usager en fin de vie ? Accompagner la fin de vie dans un contexte de précarité social et de migration soulève d’autres questionnements éthiques majeurs qu’il s’agira de traiter dans le respect de temporalités multiples : celle de l’usager, de sa famille et de l’institution. En effet, mourir loin de son pays, parfois isolé, interroge la question des rituels mortuaires, de la destinée du corps, de la mémoire et de la trace. Cela implique de penser le deuil tant du côté des usagers que du côté des professionnels. Penser notre propre représentation de la maladie, de la mort, notre propre finitude et les potentielles angoisses qui y sont associées pour pouvoir se prémunir face à des situations souvent décrites comme « extrêmes ».

Objectifs

  • Objectif général

A l’issue de la formation, les participants seront en capacité d’ appréhender les spécificités d’un bénéficiaire exilé en fin de vie et  d’adapter son accompagnement.

  • Objectifs opérationnels :
    • Identifier une situation palliative
    • Comprendre les enjeux de la fin de vie dans un contexte de précarité et de migration
    • Connaitre les ressources sur le territoire
    • Appréhender les processus psychiques liés à l’exil et à la fin de vie
    • Analyser ses propres représentations de la maladie et de la mort
    • Développer un projet d’accompagnement personnalisé à l’usager malade
    • Reconnaitre les limites des prises en charge en fin de vie sur sa structure

Contenu

  • Représentation collective de la fin de vie
  • Apports théoriques sur l’illusion d’immortalité
  • Définition, historique et cadre légal des soins palliatifs
  • Processus psychiques liés à la fin de vie
  • Exil et fin de vie : définition, repères er compréhension
  • Les mécanismes de défense des accompagnants / la relation accompagnant/bénéficiaire

Organisation

Équipe pédagogique

Le centre de formation s’appuie sur une équipe de formateurs et formatrices, internes et externes, confirmé.e.s dans leur domaine d’expertise et possédant une expérience significative avec le public accompagné.

Moyens pédagogiques et techniques

Nos méthodes pédagogiques se veulent interactives, favorisant la participation et l’opérationnalisation à partir d’apports théoriques et pratiques. Nous mobilisons des supports variés : vidéos, présentations visuelles, documentaires, mais aussi des échanges autour de situations vécues ou études de cas (apportées les participant.e.s ou le/la formateur.trice), des mises en situation et des exercices pédagogiques d’expérimentation. Des livrets pédagogiques, une documentation et une bibliographie étayés par les ressources de notre centre de documentation complètent chacune de nos sessions de formation.

Evaluation

Tout au long de la formation, la compréhension et l’évolution des connaissances des participant.e.s seront évaluées par le biais d’interrogations orales, de cas pratiques ou d’autres formes d’exercices prévus par le/la formateur.trice.

Accessibilité

Nos locaux sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Pour toute autre situation de handicap, n’hésitez pas à contacter notre référent handicap à l’adresse formation@forumrefugies.org. Nous vérifierons ensemble que les moyens de la formation sont adaptés à vos besoins afin de garantir votre participation dans les meilleures conditions.

Durée : 14 heures (2 jours)

Prérequis : Le professionnel est invité à : - Réfléchir sur ses propres représentations de la maladie et de la mort - Identifier les facteurs favorisants et limitants l’accompagnement d’une fin de vie dans sa structure

Dates en inter : Contactez-nous

Public : Professionnels du médico-social (infirmiers, aide-soignants, travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés, etc.) Professionnels encadrants (chef de service, cadre de santé, etc.)

Tarif intra : 3300€ (2 jours) – 2000€ (1 jour)

Tarif inter : 480€ (2 jours) – 240 € (1 jour)